Poésie - page 3

Loup

Lumière bleue, froide de lune d’hiver
Éclaire le corps sombre du loup de verre
Veille que la nuit lourde ne brise l’armure
L’armure de cristal en un éternel murmure
Fasse que loup ne trépasse dans la peine
Que de sa bouche ne s’échappe la haine

 

Les mille et une pièces de son être

En un fracas, sur le sol, iront renaître

En une verdure tendre et fraîche

Qui un jour couvrira nos plaies de repentirs

Victimes, bourreaux, tous deux pourront rebâtir


 

Une prison au fond de l’abysse de mon antre

En cette chartre, gît latente, la jalousie

Immobile, silencieuse, assommée, on l’oublie

Un doux, pâle visage dans ma tête entre

 

Dans un tourbillon, éveille la chimère des fonts

Torrent puissant remonte vers l’asile du cœur épris

En cette âme toquée, doutes et envies grandissent

De ma bouche astreinte s’échappent braises et tisons

 

À l’aide ! Raison étouffe ce pesant despote !

Contrôleur incessant d’actions et d’émotions

De calme ruisseau, naît un raz de marée de passion

Menaces accourent de romances noyées de fausses notes

 

Chaos, déraison en ce corps assiégé règnent

Prolongent ce fléau, les liens d’amour fondent

Abats ! Repousse ! Jalousie au fond des ondes

Vite ! Amours cruels,se lacèrent et saignent

 

L’odeur infecte, puante de la mort transpire

Du fusil fou, feu brûlant, agoni empire

Fini, cœur tailladé, crevé, tué expire

Bouche enflée éraille ses derniers rires

 

Chartre

© 2017  Jenny Ouellet